AccueilEconomieJean-Louis Maurizi (Medef Sud) : « Le moral des entreprises reste bon ! »

Jean-Louis Maurizi (Medef Sud) : « Le moral des entreprises reste bon ! »

Si la grève du 7 mars l’inquiète, le président du Medef Sud se réjouit de la résilience démontrée en 2022. Jean-Louis Maurizi suggère des pistes de réflexion pour la formation professionnelle, clé de l’emploi des seniors et des jeunes.
Pour Jean-Louis Maurizi, les 58 000 postes à pourvoir sur la région obligent à explorer de nouvelles possibilités de solutions en insertion et formation.
Robert Poulain - Pour Jean-Louis Maurizi, les 58 000 postes à pourvoir sur la région obligent à explorer de nouvelles possibilités de solutions en insertion et formation.

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Inflation, guerre en Ukraine, pénurie de compétences, difficultés d’approvisionnement en matériaux, coûts croissants de l’énergie, menaces sur les marges et les trésoreries, mouvements sociaux… Les sujets d’inquiétude s’accumulent mais l’économie semble tenir les chocs. Le président du Medef Sud, Jean-Louis Maurizi, s’en est félicité lors de son premier point trimestriel de 2023, sans pour autant verser dans un optimisme inconsidéré au vu des incertitudes qui demeurent. « Les trois secteurs de l’économie régionale résistent plutôt bien, les chefs d’entreprise affichent des carnets de commandes bien remplis, indiquait-il ce 28 février au Club 29, au sommet de la tour de La Marseillaise, à Marseille. Avec le remboursement des PGE, on note un effet rattrapage sur les défaillances d’entreprises, mais pas d’amplification. Les difficultés à recruter persistent, certains métiers ne trouvant plus de candidats... Mais on est sur une région en croissance démographique, avec du foncier pour s’implanter, où il fait bon vivre et investir. »

Jean-Louis Maurizi dévoile son plan d’action à la tête du Medef Sud

S’il juge la réforme des retraites indispensable pour préserver le régime par répartition, il note que les annonces relatives à la prochaine journée de mobilisation du 7 mars ont de quoi ébranler cette relative sérénité. « J’espère que la raison va revenir, j’en appelle au sens des responsabilités, dit-il. Il faut être honnête : si cette réforme ne se fait pas, il faudrait soit baisser le niveau des retraites, soit augmenter les cotisations. Deux perspectives qu’on ne peut pas entendre. Mais plus que le report de l’âge de départ à 64 ans, la conséquence de cette réforme porte clairement sur l’emploi des seniors. Nous sommes contre l’index qu’envisage le gouvernement, plutôt pour une sorte de bonus-malus, avec des allègements de cotisations, pour les entreprises qui conserveraient ou recruteraient un senior. »

Attirer les entreprises

Il se dit aussi favorable au cumul emploi-retraite qui « peut créer une forme de liberté », à l’accentuation de la prévention des risques au travail ou encore au traitement de « l’usure professionnelle sur les métiers exposés »… Il se refuse, en revanche, à voir un attrait à la taxation des hauts revenus ou des surprofits à un moment où le bilan 2022 sur l’ampleur des investissements étrangers en Provence-Alpes-Côte d’Azur est tombé et que les chiffres atteignent des records, avec 124 projets d’implantations issues de 30 pays et 4 147 emplois promis, un doublement en dix ans sur notre territoire.

« La France est redevenue une terre de conquête. Ne prenons pas le risque de faire fuir des entreprises », note-t-il.

Aux taxes, il préfère les idées nées de la « démocratie sociale ». Comme le fait que « le gouvernement endosse dans la loi travail l’accord entre partenaires sociaux sur le partage de la valeur » qui élargit participation, intéressement, prime… dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Formation : renforcer le retour sur investissement

Quant à la formation professionnelle dont il juge la réforme « prioritaire » à la fois pour renforcer l’emploi des seniors et pour accélérer, en plus de l’apprentissage, l’accès des jeunes à des métiers que les entreprises ne parviennent plus à combler, Jean-Louis Maurizi émet une suggestion qui pourrait inciter les TPE/PME à faire encore plus et mieux. « Nous ne demandons pas d’aide, mais aujourd’hui, quand une entreprise investit sur la formation d’un salarié, ce dernier n’a pas l’obligation d’y rester un certain temps. Nous souhaiterions qu’il y ait une clause de dédit-formation. Si elle existait, les entreprises prendraient leurs responsabilités. »

La généralisation d’une telle clause contractuelle, déjà applicable dans certains cas et secteurs, consisterait à faire rembourser au salarié tout ou partie des frais de formation engagés par son employeur s’il démissionnait ou partait rejoindre une autre société avant un certain délai minimum.

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