AccueilEconomie« Et la fête continue ! » : le regard politique et sensible de Guédiguian sur la rue d'Aubagne

« Et la fête continue ! » : le regard politique et sensible de Guédiguian sur la rue d'Aubagne

« Et la fête continue ! » de Robert Guédiguian, va montrer la rue d’Aubagne et la campagne des municipales du Printemps marseillais, sous un autre regard. Sortie en salle le 15 novembre.
« Et la fête continue ! » de Robert Guédiguian, avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin, sortira au cinéma le 15 novembre.
Agat Films - « Et la fête continue ! » de Robert Guédiguian, avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin, sortira au cinéma le 15 novembre.

Economie Publié le ,

Avant le procès, le film. Quasiment cinq ans après les tragiques effondrements, la rue d’Aubagne se trouve au cœur d’une triple actualité. Les trois juges en charge du dossier ont bouclé leur instruction, le 18 octobre. Un procès pourrait avoir lieu dès 2024. L’avenir de ce site se dessine aussi. La mairie de Marseille a choisi, fin octobre, 5 équipes d’architectes et de paysagistes pour un concours de projets afin de réaliser un lieu ressource.

Mais avant le palais de justice et le chantier de reconstruction, place au cinéma. C’est le 15 novembre que « Et la fête continue ! » de Robert Guédiguian sortira dans les salles obscures. Une avant-première sera organisée pour les habitants du quartier.

La rue d’Aubagne sous l’œil de Guédiguian

Dans ce nouveau film Robert Guédiguian s’est entouré de toute une joyeuse bande d’acteurs, dans lesquels on retrouve quelques-uns de ses comédiens fétiches : Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Lola Naymark, Robinson Stévenin, Gérard Meylan, Grégoire Leprince-Ringuet, Alice Da Luz… Mais c’est la rue d’Aubagne (et Marseille aussi) qui sera l’héroïne, ou l'inspiratrice, de ce nouveau film. Co-écrit avec l’écrivain Serge Valletti, autre marseillais et homme de théâtre, « Et la fête Continue ! » a été tourné notamment au cœur de Noailles et en pleine rue d’Aubagne. Robert Guédiguian y a installé ses caméras en avril 2022. « Ces épisodes sont importants, ils resteront, d’ores et déjà des historiens travaillent dessus. De l’adversité est née de la solidarité, de la réflexion, et c’est ce qui est beau et encourageant » témoignait à ce moment Robert Guédiguian.

Les acteurs principaux du nouveau film de Robert Guédiguian, inspiré des effondrements de la rue d'Aubagne. (Photo Agat Films.)

« Cet effondrement-là, pour moi, a été l'effondrement aussi d'une manière de vivre ensemble, d'une manière d'action collective, d'une manière de faire de la politique. C'est ce que j'essaye de raconter dans le film » qui évoque la façon « symbolique, métaphorique, poétique » dont « j'ai interprété en fait cet effondrement ». Mais ce sera « un film optimiste », promet à l’AFP celui qui veut s'efforcer de surtout aller de l'avant et « continuer à œuvrer ».

« Pour autant, ce n’est pas non plus un film sur la rue d’Aubagne. Mais elle constitue son centre de gravité. Les personnages tournent autour de cet effondrement et de l’espace vide et blanc comme un linceul tels des électrons autour d’un noyau qui, coïncidence, est occupé par une statue d’Homère, le « père » de tous les récits…» prévient Robert Guédiguian.

Derrière Rosa on devine Michel Rubirola

De la détresse de cet évènement, dans lequel ont péri Julien, Ouloume, Taher, Chérif, Fabien, Simona, Niasse, et Marie-Emmanuelle, est né une révolte, puis un souffle politique qui a porté la gauche au pouvoir à la mairie de Marseille. « Je pense que sans les mobilisations populaires après la tragédie de la rue d’Aubagne, la gauche n’aurait pas emporté la mairie » souligne le réalisateur marseillais. C’est cette marche politique qui intéresse Robert Guédiguian dans son nouveau film.

« Il est certain que si le nom des gens du Printemps marseillais n'apparaît pas dans le scénario que j'ai coécrit avec Serge Valletti, on devine dans les personnages Michèle Rubirola, le communiste Jean-Marc Coppola, etc. J'ai milité pour eux durant la campagne des municipales, dans la mesure de mes moyens » répondait à La Provence en avril 2022 Robert Guédiguian.

Ce film est une façon de regarder la campagne politique du Printemps marseillais sous un autre angle et avec un regard poétique. « Michèle Rubirola ne voulait pas être tête de liste de la gauche pour les municipales à Marseille mais elle seule faisait l’unanimité. Elle a donc été « contrainte » d’accepter et, contre toute attente, a été élue. Au bout de quelques mois, elle a craqué et a abandonné le poste de maire. Il y avait chez elle un refus du pouvoir alors qu’elle a milité toute sa vie pour y accéder ou, du moins, pour que ses idées prennent le pouvoir. Son attitude m’a intrigué et m’a donné l’idée d’interroger le rapport que nous entretenons aujourd’hui avec l’action politique à travers quelques personnages de différentes générations » raconte Robert Guédiguian.

« Michèle Rubirola m’a inspiré, à son insu, le motif central du film. Ça s’arrête là. Je n’ai fait ni enquête, ni interview. Nous avons immédiatement écarté l’hypothèse d’une reconstitution de son histoire. Il n’y a pas de bureau de vote, pas de scrutin, pas de campagne électorale, etc. Je voulais quelque chose qui ne serait ni historique ni journalistique, mais métaphorique, voire poétique » explique Robert Guédiguian.

Le synopsis est le suivant : « Rosa est le cœur et l’âme de son quartier populaire du vieux Marseille. Elle partage son énergie débordante entre sa grande famille très unie, son travail d’infirmière et son engagement politique en faveur des plus modestes. Mais à l’approche de la retraite, ses illusions vacillent. Portée par la vitalité de ses proches et par sa rencontre avec Henri, elle va réaliser qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses propres rêves, politiques et personnels ».

Une exposition sur Guédiguian à la Friche Belle de mai

« Et la fête continue ! » arrive à un moment où le réalisateur marseillais est célébré par sa ville. Cet été une rétrospective de ses 23 films s’est tenue et Mucem. En cet automne, La Friche de la Belle de mai, dont il a été président, accueille l’exposition « Avec le cœur conscient ». Elle met à l’honneur ses 40 ans de carrière. « Ceux qui ont vu tous mes films ne vont pas apprendre » des choses nouvelles mais « ils vont par contre voir des choses inattendues sur les fondations » de mes films, « c'est comme une espèce de making-of », a expliqué à l'AFP le réalisateur de 69 ans, connu entre autres pour Marius et Jeannette, sorti en 1997.

En attendant, que la fête continue…

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